Interview d'Anaïs Bechu, Cheffe de projet informatique au CHU de Nice

Alumni du diplôme Ingénieur Informatique et santé (ITS) dont elle a été diplômée en 2020, Anaïs évolue aujourd’hui comme cheffe de projet informatique au CHU de Nice. Passionnée par le secteur de la santé, elle a su trouver un équilibre entre ses compétences techniques et son intérêt pour l’humain. Dans cette interview, elle revient sur son parcours, ses choix, et les défis qu’elle a rencontrés. Elle livre également ses conseils aux étudiants qui souhaiteraient suivre une voie similaire.
Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?
Je m’appelle Anaïs Béchu. J’ai commencé mes études par un bac ES, puis j’ai fait une classe préparatoire maths sup/maths spé. À la suite de cela, j’ai intégré l’EPISEN dans la filière Informatique et Technologies pour la Santé (ITS). À l’époque, l’école était encore récente. Une fois diplômée, je suis retournée dans le sud de la France, ma région d’origine.
Mon premier poste a été dans une start-up de lunettes connectées, où j’avais fait mon stage de fin d’études. J’y ai enchaîné sur un CDI de six mois. Ensuite, j’ai été recrutée par une SS2I appelée WE+. J’ai effectué plusieurs missions avec eux, notamment chez Pro-BTP, une caisse de retraite.Je travaille actuellement dans l’informatique Aujourd’hui, je travaille au CHU de Nice, dans le domaine de l’informatique hospitalière.
En quoi consiste votre métier aujourd’hui ?
Je suis cheffe de projet informatique au CHU de Nice. Je gère l’intégration du dossier patient informatisé (DPI) sur quatre sites hospitaliers différents. Mon quotidien varie selon que je sois en télétravail ou sur site. En télétravail, je commence par une réunion avec mon équipe de sept développeurs, puis la journée s’articule autour de réunions et de la gestion de projets. Sur site, je me rends dans les services hospitaliers pour observer l’utilisation du logiciel, recueillir les retours et identifier les besoins d’amélioration. Je coordonne aussi une équipe de testeurs (six personnes) et j’organise les phases de tests avant chaque mise en production mensuelle.
Quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut être sociable, rigoureux et dynamique. En tant que cheffe de projet, je communique sans cesse avec des développeurs, des testeurs, et le personnel médical. Il faut savoir « traduire » les demandes entre ces différents univers. Si on n’est pas rigoureux, on peut facilement se perdre dans cette diversité d’informations. Être sociable est également crucial, surtout dans un métier où les échanges sont permanents.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?
Ce que j’aime particulièrement, c’est de garder un pied dans le monde de la santé, un secteur qui me tient à cœur depuis longtemps. Même si l’informatique m’intéressait, mon objectif était de travailler dans la santé sans passer par le médical pur. L’informatique appliquée à la santé est donc le parfait équilibre. J’apprécie aussi le contact humain, les projets variés et l’utilité concrète de ce que je fais au quotidien.
Avez-vous déjà rencontré des challenges dans votre métier ?
Oui, un challenge marquant a été de devoir manager une équipe d’hommes tous plus âgés que moi, alors que j’étais une jeune cheffe de projet de 27 ans. Ce n’était pas évident de s’imposer, même si mes collègues étaient bienveillants. J’ai dû faire mes preuves, montrer que j’étais compétente. Heureusement, j’ai été bien accompagnée par mes supérieurs. Aujourd’hui, la relation avec l’équipe est excellente, à la fois professionnelle et humaine.
Pourquoi avoir choisi l’EPISEN pour votre formation ?
En fait, l’EPISEN m’a un peu « choisie » à travers les concours post-prépa. J’avais plusieurs options qui s’offraient à moi via la banque de concours E3A, et j’ai donc choisi l’EPISEN car c’était la seule école qui proposait un lien fort entre informatique et santé. C’était exactement ce que je cherchais, une manière d’appliquer des compétences techniques dans un domaine qui a du sens pour moi.
Qu’est-ce que l’EPISEN vous a apporté ?
Outre les connaissances académiques, ce sont les expériences professionnelles et les rencontres qui m’ont marquée. J’ai fait plusieurs stages, dont un à l’étranger en Finlande. L’école offrait aussi de nombreuses conférences, webinaires, et participations à des salons comme le Cent Expo. Ce genre d’événements permet de créer un réseau, un atout précieux dans le monde professionnel. On ne réalise pas toujours à quel point c’est une chance d’y avoir accès pendant les études.
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
À court terme, rester à mon poste me convient. Je monte en compétences et je gère des projets de plus en plus importants. Mais à long terme, je suis ambitieuse. Je souhaite évoluer vers des projets plus complexes ou dans d’autres structures. Ce que je veux absolument garder, c’est ma place dans le secteur de la santé. Je me sens bien dans cet environnement, et je n’ai plus envie de le quitter.
Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui aimerait suivre votre voie ?
Je dirais : faites-vous confiance. N’écoutez pas trop ceux qui vous disent que tout se passe à Paris. Il y a des opportunités ailleurs. Suivez vos envies, priorisez votre bien-être personnel et ne vous laissez pas guider uniquement par des motivations financières. Dans notre domaine, les débouchés sont multiples. L’important, c’est d’être là où on se sent bien, humainement et professionnellement.
