Une Aventure Internationale Inoubliable : Interview d'Ingrid LOURME

Une Aventure Internationale Inoubliable : Interview d'Ingrid LOURME

Elève en dernière année de la spécialité génie biomédical et santé à l’EPISEN, Ingrid Lourme revient sur son expérience de globetrotter entre Islande et continent nord-américain.

 

Pouvez-vous vous présenter et nous préciser dans quel contexte vous avez effectué votre mobilité internationale ?

Je m'appelle Ingrid Lourme. J’ai 23 ans et je suis étudiante en Génie Biomédical et Santé (ISBS), à l’EPISEN, dans la promotion 2025. Entre janvier et mai 2024, j'ai vécu l'une des expériences les plus marquantes de ma vie grâce à un semestre d'échange ERASMUS à Háskóli Íslands, à Reykjavik (Islande). Cette aventure a été rendue possible grâce à l'intégration de l'UPEC dans l'Alliance Aurora.

Dès le début de mes études supérieures, je projetais de partir à l'international, avec l'ambition de travailler un jour à l'étranger. Les pays nordiques m'ont toujours attirée pour leur culture, leur qualité de vie, et leurs paysages, dignes d’une carte postale.

 

En quoi l’enseignement à Háskóli Íslands diffère-t-il de celui que vous avez connu en France ?

Durant mes quatre mois à Háskóli Íslands, j'ai découvert un enseignement très différent de celui en France. Il était axé sur des projets concrets, la collaboration entre les étudiants, et l'interactivité avec les professeurs. Les cours, en anglais et en petits groupes, m'ont permis de m’adapter rapidement, même si la langue a parfois été un défi au début.

 En dehors de vos études, comment avez-vous vécu votre quotidien en Islande ? Quelles découvertes ou expériences vous ont le plus marquée ?

Reykjavik est une ville dynamique pour les étudiants, où il est simple de se déplacer en bus, trottinette ou à pied. J’ai eu l'occasion d'explorer l’Islande, lors road trips. J’y ai découvert des paysages parfois irréels : beaucoup (trop) de cascades, des glaciers, des montagnes, des hot tubs... J’ai pu observer des animaux magnifiques, comme des baleines, des rennes, des macareux, et des belugas. J’ai également eu la chance d’assister à plusieurs aurores boréales, et même à trois éruptions volcaniques !

Les événements organisés par l’ESN (ERASMUS Student Network) m’ont permis de rencontrer des personnes du monde entier, que j’ai l’impression de toujours avoir connues. Nous avons partagé des moments mémorables et créé nos petites traditions, comme les dimanches à la patinoire ou les mardis piscine/pizza. Nous avons forgé des amitiés durables, et avons appris à nous soutenir mutuellement.

Mon aventure islandaise n'a pas été sans défis. La solitude dans un pays inconnu, un climat parfois rude, des journées très courtes en hiver, et le coût de la vie ont parfois été difficiles à gérer. Cependant, j'ai appris à m'adapter, à gérer mon budget, et surtout, j'ai gagné en confiance en moi.

Qu’avez-vous appris sur vous-même durant ces mois loin de la France ?

Ce semestre a été incroyable. J'ai grandi. J’ai appris à mieux me connaître, et à mieux comprendre les autres. J’ai développé mon indépendance, et mon ouverture d'esprit. Je ne suis plus la même personne qu’avant mon départ. Cette expérience internationale a non seulement enrichi mon parcours académique, mais elle a surtout laissé une empreinte indélébile dans ma vie. Je suis profondément reconnaissante envers toutes les personnes qui ont cru en moi et ont soutenu mes projets.

A la suite de tout cela, je me suis envolée vers le Canada. J'ai passé trois mois à Montréal pour un stage à l'Université McGill, et quatre mois à l’Université de Sherbrooke pour un nouveau semestre d’échange. Actuellement, je poursuis mon stage de fin d’étude au sein du Boston Children’s Hospital, aux Etats-Unis.

 Qu’est-ce qui vous a motivée à poursuivre l’expérience internationale au Canada après l’Islande ?

À l’origine, mon projet international était de partir au Canada pour une année complète. Cependant, pour diverses raisons, cela n’a pas pu se concrétiser, et j’ai donc décidé de scinder mon expérience en deux étapes : l’Islande puis le Canada. Cette décision s’est révélée très enrichissante, car mon objectif principal était de découvrir de nouvelles cultures et d’expérimenter différents modes d’apprentissage. J’ai ainsi pu profiter pleinement de deux contextes très différents : l’Islande, très internationale, où j’étais entourée d’étudiants de nombreux pays et où je communiquais uniquement en anglais, et le Canada, plus francophone que prévu. En effet, l’Université de Sherbrooke, située au Québec, impose le français comme langue courante pour les étudiants internationaux. Bien que cette immersion m’ait donné l’impression d’un retour en France, mes colocataires canadiennes et le fait de suivre certains cours avec seulement une autre Française parmi des Québécois m’ont permis de m’immerger pleinement dans la culture locale. Cette expérience combinée m’a donc permis d’apprendre beaucoup plus que si je n’avais été qu’en Islande ou qu’au Canada.

Quelles différences avez-vous observées entre l’enseignement à Reykjavik, à Sherbrooke, et non exotique à Créteil ?

J’ai pu observer plusieurs différences entre l’enseignement à Reykjavik, à Sherbrooke et à Créteil. En Islande, de nombreux travaux et évaluations se faisaient sur ordinateur via des plateformes sécurisées, et la plupart des cours étaient enregistrés, ce qui permettait de revoir les contenus au besoin. Comme au Canada, la note finale ne dépendait pas uniquement des examens, mais également de plusieurs projets individuels ou de groupe, pour lesquels nous étions très autonomes : on recevait des consignes générales et devait développer nos idées et protocoles nous-mêmes, ce qui était particulièrement formateur pour mes stages en recherche. À Sherbrooke, il était courant de pouvoir consulter des fiches ou documents de cours pendant les évaluations, mais les exigences restaient élevées, notamment pour définir clairement des concepts sans support. En comparaison, à Sherbrooke et Reykjavik, le système d’évaluation de Créteil comportait plusieurs examens par semestre, ce qui offrait davantage de marge pour se rattraper et mieux gérer son apprentissage.

Comment ces expériences façonnent elles votre projet professionnel ?

J’ai choisi de partir à l’étranger car j’ai toujours eu l’objectif de travailler à l’international, au moins pour le début de ma carrière. Ces expériences ont confirmé mon souhait de découvrir de nouvelles façons de travailler et de collaborer dans des environnements multiculturels. Elles m’ont également permis de gagner en confiance, notamment pour m’exprimer en anglais, présenter mes travaux et mes données devant différents publics et rencontrer de nouvelles personnes.

Quel message souhaitez-vous adresser aux étudiants qui hésitent à partir à l’étranger ?

Si je devais donner un seul conseil aux étudiants hésitant à partir à l’étranger, ce serait de se lancer sans hésitation. Je comprends que cela puisse faire peur, que ce soit pour les démarches administratives, la distance avec la famille ou simplement par timidité, mais les expériences internationales surpassent largement ces obstacles. Elles sont inoubliables et transforment notre vision du monde. D’après mon expérience et celles des personnes que j’ai rencontrées durant ces deux dernières années, on revient grandi, plus confiant et avec des souvenirs uniques. On se crée également des amitiés partout dans le monde. Il ne faut donc pas craindre le départ : les bénéfices et les expériences que l’on en retire valent largement tous les défis rencontrés avant, pendant et même après le séjour.

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